Les Graines de l’Ami Luron

Les Graines de l’Ami Luron

Belle aventure, qui a commencé il y a 5 ans déjà. Nous avons eu la possibilité d’agrandir le domaine. Ayant opté pour une agriculture de conservation, nous nous sommes donné les moyens de la mettre en place ces dernières années. Nous passons actuellement à une nouvelle phase de notre projet en démarrant les Graines de l’Ami Luron.

Nos premiers pas dans les cultures associées et les cultures non conventionnelles.

Champ de Quinoa 2016
Champs de Quinoa 2016

Dans l’idée de laisser nos terres vivre leur vie et de les toucher le moins possible, il est clair que la notion de « traitement » nous tarabuste. Cela fait maintenant 5 ans que nous tournons autour du problème, avec nos zones « crash test »…. Prise de risque, culture sale, perte de plus de 50 % de rendement dans certaines cultures…. C’est admissible sur une dizaine d’ares, moins sur 35 hectares.

Après moultes réflexions, la solution des cultures associées et des essais sur la largeur de bande de semis nous semblent des pistes à suivre. Gros problème cependant : les centres collecteurs ne sont pas prêts à trier les graines mélangées issues des cultures associées, et les cultures vivantes avec « perce-oreilles et autres insectes »… sont forcément l’apanage des « fainéants ». C’est au cœur de ces « détails techniques » qu’est née l’idée de s’équiper de trieurs.

En parallèle, les cultures « non conventionnelles » nous passionnent, les plantes sans gluten aussi. L’idée de revaloriser les légumineuses si utiles au sol et au ventre nous semble intéressante….. voilà la solution pour faire d’une pierre « un bon coup »… Cultures associées, plantes non conventionnelles…

Osons rêver, vivons nos idéaux… nous aimons et mangeons de la Quinoa… Essayons d’en planter. Ni une ni deux, nous voici avec quelques kilos de graines, un coin de champ, un timing aléatoire, 30 ares sont semées en 2016. Magique, ça pousse… après un désherbage et une récolte à la main, un nouveau défi nous attend : le triage… tamis, soufflerie, aspirateur, tout y passe, avec un certain succès sans pour autant atteindre une qualité suffisante pour leur commercialisation.

C’est exactement ce genre de frustration qu’il nous fallait pour faire le pas de plus…. Afin de poursuivre notre développement, et en parallèle répondre à nos besoins, nous décidons de monter un centre de compétence.  Trier nos productions ainsi que celles de nos voisins.  L’idée d’une infrastructure souple et  mobile est née. Nous avons un bâtiment qui ne demande qu’à finir d’être transformé..  2 ans de travaux, quelques cheveux gris plus tard et voilà nos locaux presque fonctionnels.

Nous nous trouvons à la genèse du projet « les Graines de l’Ami Luron ».

Multiplication de graines d'Azuki
Multiplication de graines d’Azuki
Multiplication de graines de pois chiches
Multiplication de graines de pois chiches

D’un côté, produire des « petites graines spécifiques et inhabituelles »  et des cultures associées.
De l’autre, un centre de tri, qui nous permet de gérer les productions de nos cultures et faire profiter d’autres agriculteurs de notre installation.

Tout cela pour répondre à notre manière de concevoir le métier.

Nous allions dans ce projet plusieurs niveaux qui tous s’interpénètrent.

Production :

Il nous faut dans un premier temps multiplier nos graines afin de leur permettre de s’acclimater, et à nous, de nous familiariser avec leur cycle et besoins.

Puis nos productions vont :

  • Servir à faire des semences fermières pour les futures cultures.
  • Être commercialisées. En espérant que nos produits quinoa, légumineuses et autres « petites graines », vont ravir vos papilles.

Pois chiches, azukis, lupins, millet…  font partie des produits que nous sommes entrain de tester sur nos terres…. Est-ce que ces produits peuvent s’adapter à nos conditions pédoclimatiques ?  Arriverons-nous à développer les savoirs techniques demandés par ces cultures ? La récolte 2017 et l’avenir vont nous le dire.

Nos objectifs

Tenter le pari de gérer nos terres sans produits herbicides certaines années, et toujours sans labour. Pour ce faire, nous allons devoir produire, par le biais des cultures associées, des légumineuses. Elles sont une source d’azote (nourriture végétale) qui va mettre au travail nos partenaires et alliés les micro-organismes du sol, générant ainsi de l’humus, créant un bon volant d’auto-fertilité, élément important dont nous avons besoin.

Travailler dans un circuit court. C’est à dire cultiver sur place des produits de qualité et accessibles pour le consommateur.  Les proposer à des acteurs locaux comme : les magasins de vrac, épiceries de villages, mais aussi dans les locaux de collègues qui ont mis en place de la vente à la ferme. Valoriser notre travail et le faire connaitre.

Toujours l’idéal du gagnant-gagnant nous habite. Travailler ensemble, échanger ses pratiques, parler de ses difficultés, proposer des trucs et astuces, être moins seul devant un essai aléatoire, se donner du courage face à l’adversité sont des pratiques qui naturellement se mettent en place . L’un va faire des céréales anciennes, l’autre des plantes à huile, le troisième le centre de tri, la synergie de revalorisation d’une région peut se mettre en place. Chacun devient compétent dans son domaine et une ressource pour le voisin.

Millet 2016
Millet 2016

Centre de tri

Au vu des investissements consentis et des compétences qu’il va falloir développer, ce serait dommage de garder cela pour nous seuls. Nous avons donc pris l’option de bien nous équiper :

Un trieur rotatif Marot à quatre grilles et plusieurs dizaines de grilles différentes disponibles.
Un trieur optique Sea Chromex qui permet de trier finement les grains afin d’obtenir un produit de première qualité pour les conditionnements comme de l’huile de lin ou de colza, mais aussi notre quinoa, et tous les essais futurs.

L’avenir des Graines de l’Ami Luron

Il nous le dira. Nous sommes confiants, souvent enthousiastes, parfois dans le doute. Dans tous les cas, nous sommes vivants comme notre sol, adaptables, les pieds bien ancrés. Bien qu’actuellement souvent pliés en deux à humer, palper, sentir nos sols, mais aussi « sauver » une culture en intervenant à la main dans nos zones « crash test ».

Les machines tournent – que du bonheur – et des résultats au-delà de nos espérances.

Création : madeleine jaccard
Réalisation : sur mesure concept